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Les corps perdus

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" Depuis quelque temps il ne dormait plus. Les yeux grand ouverts dans le noir, il guettait. C'était ainsi chaque matin. Il n'avait qu'une très vague idée de ce que cela signifie : le matin, ce n'était pour lui que cet affût, cette attente, assis dos à la paroi, jambes repliées, ses bras entourant ses genoux et les ramenant serrés sur sa poitrine, pour laisser le moins d'accès possible au froid qui se faisait plus vif à cette heure-là, et la tête renversée en arrière, les yeux fixés sur le couvercle que rien ne permettait encore de distinguer. Dans la nuit glacée où il était plongé, où il ne pouvait même apercevoir ses mains, pourtant à quelques centimètres de son visage, cela allait venir, naître comme chaque fois, un espoir jamais déçu et qui le, maintenait en vie jour après jour. Il aurait voulu saisir le moment exact de l'apparition, mais cet instant lui échappait toujours. C'était là, simplement, c'était là maintenant, ce fin liseré de lumière qui dessinait, trois mètres au-dessus de sa tête, le contour circulaire du couvercle. "

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Les corps perdus, François Gantheret

Język
Rok wydania
2004
Oprawa
(miękka)
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Tytuł
Les corps perdus
Język
francuski
Rok wydania
2004
Oprawa
miękka
ISBN10
2070770710
ISBN13
9782070770717
Seria
Ocena
3,65 z 5
Opis
" Depuis quelque temps il ne dormait plus. Les yeux grand ouverts dans le noir, il guettait. C'était ainsi chaque matin. Il n'avait qu'une très vague idée de ce que cela signifie : le matin, ce n'était pour lui que cet affût, cette attente, assis dos à la paroi, jambes repliées, ses bras entourant ses genoux et les ramenant serrés sur sa poitrine, pour laisser le moins d'accès possible au froid qui se faisait plus vif à cette heure-là, et la tête renversée en arrière, les yeux fixés sur le couvercle que rien ne permettait encore de distinguer. Dans la nuit glacée où il était plongé, où il ne pouvait même apercevoir ses mains, pourtant à quelques centimètres de son visage, cela allait venir, naître comme chaque fois, un espoir jamais déçu et qui le, maintenait en vie jour après jour. Il aurait voulu saisir le moment exact de l'apparition, mais cet instant lui échappait toujours. C'était là, simplement, c'était là maintenant, ce fin liseré de lumière qui dessinait, trois mètres au-dessus de sa tête, le contour circulaire du couvercle. "