Bookbot

Vivre Venise

Parametry

  • 203 strony
  • 8 godzin czytania

Więcej o książce

L'eau. Glauque, noire, rouge, plombée. La matrice originelle de Venise. Un limon boueux, une épaisseur liquide. On oublie trop, devant l'élégance des palais, le cisèlement des architectures, que cette ville est née de la fange, que ses fondateurs, fuyant les barbares qui envahissaient la terre ferme, se sauvèrent au milieu de la lagune, pour y trouver un refuge inaccessible aux Huns. Dédale de passes et d'îlots, à l'abri de la cupidité d'Alaric, d'Attila. Un refuge stratégique, mais peut-être aussi quelque chose de plus : une protection comme maternelle, dans cet élément pâteux, marécageux, souillé. L'eau de Venise n'est pas une eau claire : c'est une eau consistante, substantielle, une eau prénatale, plasmatique, une matière première. Plus matérielle, a-t-on envie de dire, que les arabesques aériennes découpées dans le marbre translucide des palais... Parmi les plus belles images de Fulvio Roiter, regardez les gros plans de matière noirâtre et verdâtre. Venise a un corps de glaise et de lie. On l'a comparée à Vénus : née de la mer, comme la déesse. Mais la mer qui a formé Vénus est une mer grecque, de perles et de nacre, une mer solaire, irisée, pétillante. La mer de Venise, adriatique, crépusculaire, a les couleurs du bitume et de la poix. Eau lourde, bouche d'ombre prête à reprendre et à rouler dans son limon les hasardeuses constructions dues à l'effort humain...

Zakup książki

Vivre Venise, Fulvio Roiter

Język
Rok wydania
1978
Jak tylko się pojawi, wyślemy Ci wiadomość e-mail.

Metody płatności

Nikt jeszcze nie ocenił.Oceń

Tytuł
Vivre Venise
Język
francuski
Rok wydania
1978
Liczba stron
203
ISBN10
2856201938
ISBN13
9782856201930
Seria
Opis
L'eau. Glauque, noire, rouge, plombée. La matrice originelle de Venise. Un limon boueux, une épaisseur liquide. On oublie trop, devant l'élégance des palais, le cisèlement des architectures, que cette ville est née de la fange, que ses fondateurs, fuyant les barbares qui envahissaient la terre ferme, se sauvèrent au milieu de la lagune, pour y trouver un refuge inaccessible aux Huns. Dédale de passes et d'îlots, à l'abri de la cupidité d'Alaric, d'Attila. Un refuge stratégique, mais peut-être aussi quelque chose de plus : une protection comme maternelle, dans cet élément pâteux, marécageux, souillé. L'eau de Venise n'est pas une eau claire : c'est une eau consistante, substantielle, une eau prénatale, plasmatique, une matière première. Plus matérielle, a-t-on envie de dire, que les arabesques aériennes découpées dans le marbre translucide des palais... Parmi les plus belles images de Fulvio Roiter, regardez les gros plans de matière noirâtre et verdâtre. Venise a un corps de glaise et de lie. On l'a comparée à Vénus : née de la mer, comme la déesse. Mais la mer qui a formé Vénus est une mer grecque, de perles et de nacre, une mer solaire, irisée, pétillante. La mer de Venise, adriatique, crépusculaire, a les couleurs du bitume et de la poix. Eau lourde, bouche d'ombre prête à reprendre et à rouler dans son limon les hasardeuses constructions dues à l'effort humain...