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Memoires d'outre-tombe I.-II.

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Je me suis rencontré entre deux siècles, comme au confluent de deux fleuves ; j’ai plongé dans leurs eaux troublées, m’éloignant à regret du vieux rivage où je suis né, nageant avec espérance vers une rive inconnue. Mémoires d’outre-tombe, XLIV, VIII. Chateaubriand avait beaucoup compté sur sa vie pour se tailler une niche dans les souvenirs des hommes. La méfiance des Bourbons à l’égard des poètes et en particulier à son égard, sa propre hostilité à l’égard des Orléans lui ferment successivement les portes du pouvoir. Il revient à ses songeries, à l’indifférence passionnée qui avait marqué sa jeunesse. Ne pouvant plus mettre sa grandeur dans sa vie, il va la mettre dans son œuvre. Et, cette fois, dans l’adversité, avec bien plus d’éclat encore que, naguère, dans ses triomphes. Parce qu’elle se heurte à des obstacles intérieurs et extérieurs, parce qu’elle ne va jamais jusqu’au bout de ses grandes espérances, son existence n’est pas le chef-d’œuvre qu’il avait imaginé ; mais de la relation de cette existence et de ses illusions perdues il va faire un chef-d’œuvre, un chef-d’œuvre incomparable, un chef-d’œuvre absolu.

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Memoires d'outre-tombe I.-II., Françoise René de Chateaubriand

Język
Rok wydania
2015
Oprawa
(twarda)
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Tytuł
Memoires d'outre-tombe I.-II.
Język
francuski
Wydawca
Gallimard
Rok wydania
2015
Oprawa
twarda
Liczba stron
2784
ISBN10
2070149250
ISBN13
9782070149254
Seria
Opis
Je me suis rencontré entre deux siècles, comme au confluent de deux fleuves ; j’ai plongé dans leurs eaux troublées, m’éloignant à regret du vieux rivage où je suis né, nageant avec espérance vers une rive inconnue. Mémoires d’outre-tombe, XLIV, VIII. Chateaubriand avait beaucoup compté sur sa vie pour se tailler une niche dans les souvenirs des hommes. La méfiance des Bourbons à l’égard des poètes et en particulier à son égard, sa propre hostilité à l’égard des Orléans lui ferment successivement les portes du pouvoir. Il revient à ses songeries, à l’indifférence passionnée qui avait marqué sa jeunesse. Ne pouvant plus mettre sa grandeur dans sa vie, il va la mettre dans son œuvre. Et, cette fois, dans l’adversité, avec bien plus d’éclat encore que, naguère, dans ses triomphes. Parce qu’elle se heurte à des obstacles intérieurs et extérieurs, parce qu’elle ne va jamais jusqu’au bout de ses grandes espérances, son existence n’est pas le chef-d’œuvre qu’il avait imaginé ; mais de la relation de cette existence et de ses illusions perdues il va faire un chef-d’œuvre, un chef-d’œuvre incomparable, un chef-d’œuvre absolu.