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La marche lente des glaciers

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C'est quand on est heureux, dit mon père, qu'il faudrait mourir. Au plus beau. Moi, c'est l'amour qui m'a abandonné en premier. Puis la chasse. Puis la pêche. [...] Et pourtant, il avait bien dû sentir le travail de sape et il répéta : Oui, au plus beau. On les a crus longtemps indestructibles, ces pères et ces mères qui organisèrent pour notre vie : la douce sécurité d'une maison et d'une table mise, à partir desquels l'élan de l'enfance put se construire. Et voilà que presque à leur insu, le temps a pénétré jusqu'au fond de leur chair. Ils sont devenus petits et fragiles, lents, et il faut leur tenir la main pour aller au bout de la route. Mais dans le silence revenu après les douleurs nécessaires, derrière les paupières closes, les images se lèvent, vivantes, héritage inépuisable et désormais immuable. L'auteur de Nous les filles mesure ce qu'elle doit de richesses et de capacité de bonheur à son père et à sa mère. Cela pèse aussi lourd que l'enfance toute ronde des joies et des jeux.

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La marche lente des glaciers, Marie Rouanet

Język
Rok wydania
1994
Oprawa
(miękka)
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Tytuł
La marche lente des glaciers
Język
francuski
Wydawca
Payot
Rok wydania
1994
Oprawa
miękka
Liczba stron
228
ISBN10
2228887919
ISBN13
9782228887915
Seria
Kategorie
Ocena
3 z 5
Opis
C'est quand on est heureux, dit mon père, qu'il faudrait mourir. Au plus beau. Moi, c'est l'amour qui m'a abandonné en premier. Puis la chasse. Puis la pêche. [...] Et pourtant, il avait bien dû sentir le travail de sape et il répéta : Oui, au plus beau. On les a crus longtemps indestructibles, ces pères et ces mères qui organisèrent pour notre vie : la douce sécurité d'une maison et d'une table mise, à partir desquels l'élan de l'enfance put se construire. Et voilà que presque à leur insu, le temps a pénétré jusqu'au fond de leur chair. Ils sont devenus petits et fragiles, lents, et il faut leur tenir la main pour aller au bout de la route. Mais dans le silence revenu après les douleurs nécessaires, derrière les paupières closes, les images se lèvent, vivantes, héritage inépuisable et désormais immuable. L'auteur de Nous les filles mesure ce qu'elle doit de richesses et de capacité de bonheur à son père et à sa mère. Cela pèse aussi lourd que l'enfance toute ronde des joies et des jeux.