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L'hôpital a oublié l'homme

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Je suis né à l’hôpital, j’y ai passé la plus grande partie de ma vie. Je l’ai vu se déshumaniser, les techniques se perfectionner et les relations humaines se dégrader. Le fameux geste qui sauve se régule à présent davantage sur la machine que sur l’homme. Humain, où es-tu ? Le patient, lui, n’a pas changé. Il est toujours celui qui passe la porte de l’hôpital avec sa peur, ses angoisses et sa souffrance. Il croit en la médecine, mais craint sa maladie. Il entre à l’hôpital l’âme nue, et on le dépouille plus encore. De son nom, de son identité. Pour la secrétaire, il devient « le rendez-vous de 10 h 15 ». Quand le médecin tend la main, ce n’est pas pour saisir la sienne, mais pour prendre sa fiche. Enfin repéré, il perd son patronyme pour celui plus éclairant de « cancer du sein » ou « polype de vessie — le choix est large, il existe plus de maladies que de saints... Tandis que pour l’infirmière il est « le lit n° 12 » et, pour l’aide-soignante, un presque humain « gentille mamie » ou « enquiquineur ». Un malade aveugle dans un hôpital borgne qui a oublié l’homme. Vous avez dit service public ?

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L'hôpital a oublié l'homme, Jean-Michel Dubernard

Język
Rok wydania
1997
Oprawa
(miękka)
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Tytuł
L'hôpital a oublié l'homme
Język
francuski
Wydawca
Plon
Rok wydania
1997
Oprawa
miękka
Liczba stron
231
ISBN10
2259185746
ISBN13
9782259185745
Seria
Opis
Je suis né à l’hôpital, j’y ai passé la plus grande partie de ma vie. Je l’ai vu se déshumaniser, les techniques se perfectionner et les relations humaines se dégrader. Le fameux geste qui sauve se régule à présent davantage sur la machine que sur l’homme. Humain, où es-tu ? Le patient, lui, n’a pas changé. Il est toujours celui qui passe la porte de l’hôpital avec sa peur, ses angoisses et sa souffrance. Il croit en la médecine, mais craint sa maladie. Il entre à l’hôpital l’âme nue, et on le dépouille plus encore. De son nom, de son identité. Pour la secrétaire, il devient « le rendez-vous de 10 h 15 ». Quand le médecin tend la main, ce n’est pas pour saisir la sienne, mais pour prendre sa fiche. Enfin repéré, il perd son patronyme pour celui plus éclairant de « cancer du sein » ou « polype de vessie — le choix est large, il existe plus de maladies que de saints... Tandis que pour l’infirmière il est « le lit n° 12 » et, pour l’aide-soignante, un presque humain « gentille mamie » ou « enquiquineur ». Un malade aveugle dans un hôpital borgne qui a oublié l’homme. Vous avez dit service public ?