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Tous les fleuves vont à la mer

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" On se revoit enfant, accroché à sa mère. Elle murmure quelque chose. Parle-t-elle du Messie ? On a envie de lui dire : " tu es morte et Il n'est pas venu. Il viendra peut-être, mais ce sera trop tard. " On marche avec son père à l'office du Shabbat. Puis dans les rangs d'un cortège de morts. On souhaite le rassurer, le consoler : " N'aie pas de crainte, ton fils tâchera de vivre en bon juif. " Mais on ne dit rien. On appelle en silence une petite fille belle et souriante, grave et recueillie, on lui caresse les cheveux qui sont comme des rayons de soleil. Dresser le bilan cette fois encore ? Contenir l'émotion ou la libérer ? On laisse sa pensée escalader des montagnes, dévaler des chemins escarpés, s'égarer dans des cimetières invisibles, rechercher et fuir la solitude et les gens, les histoires déjà racontées et celles qu'on racontera plus tard. " ELIE WIESEL.

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Tous les fleuves vont à la mer, Elie Wiesel

Język
Rok wydania
1996
Oprawa
(zeszytowa)
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Tytuł
Tous les fleuves vont à la mer
Język
francuski
Wydawca
Seuil
Rok wydania
1996
Oprawa
zeszytowa
Liczba stron
640
ISBN10
2020285215
ISBN13
9782020285216
Oryginalna nazwa
Tous les fleuves vont à la mer
Ocena
4,1 z 5
Opis
" On se revoit enfant, accroché à sa mère. Elle murmure quelque chose. Parle-t-elle du Messie ? On a envie de lui dire : " tu es morte et Il n'est pas venu. Il viendra peut-être, mais ce sera trop tard. " On marche avec son père à l'office du Shabbat. Puis dans les rangs d'un cortège de morts. On souhaite le rassurer, le consoler : " N'aie pas de crainte, ton fils tâchera de vivre en bon juif. " Mais on ne dit rien. On appelle en silence une petite fille belle et souriante, grave et recueillie, on lui caresse les cheveux qui sont comme des rayons de soleil. Dresser le bilan cette fois encore ? Contenir l'émotion ou la libérer ? On laisse sa pensée escalader des montagnes, dévaler des chemins escarpés, s'égarer dans des cimetières invisibles, rechercher et fuir la solitude et les gens, les histoires déjà racontées et celles qu'on racontera plus tard. " ELIE WIESEL.